A pied ou à vélo

Saint-Jacques ! à pied ou à vélo ?

                            donc !  pelerin-au-repos.gif ou     cyclisme10.gif    sourire...

blason_bleu-et-jaune.png    A la demande de futurs pèlerins, je vous fais part de mon analyse personnelle, fruit de mon expérience du chemin et sportive passée, qui n'altère en rien le mérite pour ceux et celles qui ont déjà vécu cette expérience à Vélo.

Ayant hésité à faire ce pèlerinage à vélo, j'ai sollicité divers forums pour m'aider dans mon choix que de vivre au mieux l'esprit du chemin. Aussi, sur la base d'une aventure identique (topo / distance / délai de l'aventure / même capacité musculaire entre un marcheur et un cycliste), voici ma réponse.

Ces deux disciplines sont différentes, tant sur la préparation physique, sur l'équipement, que sur les conséquences physiques. Par conséquent, les efforts fournis ne sont pas les mêmes à travers la gestion de la dépense physique, l'absorption et la récupération de la fatigue, due à la continuité d'un engagement. Ceux-ci sont répartis sur le matériel impliqué et sur la condition physique. A vélo, cette répartition s'effectue globalement, entre le cycliste et son vélo à part égale. A pied, celle-ci se répartie entre le randonneur principalement et ses chaussures, avec en plus le poids du sac à dos. Vous constatez, d'or et déjà, une différence très importante quant à l'impact physique et psychologique, et je ne parle pas de l'esprit du pèlerinage.

Pour une même dépense physique et une moyenne basse de 4km/h à pied et de 20km/h à vélo, les facteurs principaux sont :

A vélo :  

- Les amortisseurs et la structure du cadre amortissent les chocs de la chaussée

- Aucune charge à porter (en dehors d'une partie de son poids)

- Une cadence continue grâce aux pignons, pour un même effort

- Mouvement de pédalage par la rotation des genoux et des chevilles dans un axe unique, aucun risque de blessure, en dehors de l'accident ou de la chute d'inattention. La répartition de l'effort est très concentrée sur le bas du corps.

- Le poids de son corps est très peu porté par soi-même, car il est absorbé par le cadre.

A pied :

- Les chaussures absorbent très peu les impacts répétitifs en provenance de la chaussée.

- Un cumul des chocs directement sur tout l'organisme, démultiplié par le poids du sac à dos

- Un rythme de marche maintenu uniquement par un effort physique supplémentaire

- Risques de blessure, par inattention et par le cumul de la fatigue (fracture de fatigue)

blason_bleu-et-jaune.png En synthèse et sur la base d'une aventure identique, vous serez donc moins fatigué à vélo. Votre organisme récupèrera beaucoup plus vite compte-tenu des facteurs principaux énoncés. Vous l'avez compris, la différence est donc importante et incomparable entre ces deux disciplines. Ensuite il faut tenir compte de l'esprit dans lequel vous souhaitez vivre le chemin

A vélo, vous êtes tributaires des axes de communication plus ou moins importants avec les risques que cela comporte. Les chemins Français sont très peu praticables à vélo. En Espagne, 60% à 70% des chemins le sont, mais il y a tellement de monde sur certaine partie, que c'est très dangereux à vélo et surtout pour les marcheurs, de surcroît il est pratiquement impossible d'échanger des conversations. Mais comme vous allez beaucoup plus vite, c'est idéal pour faire le trajet d'une traite dans un temps très court.

Vous aurez le plaisir d'être seul ou en couple etc, car les rencontres sont rares entre cycliste lors des trajets et pratiquement inexistantes avec les marcheurs, en dehors des soirées communes dans les gîtes. Vous êtes dans la famille des cyclistes et non des pèlerins qui ne se mélangent pas, et les cyclistes-pèlerins sont extrêmement rares (j'en ai croisé qu'un seul sur 2,5 mois). Pour avoir fait d'autres aventures à vélo, cette forme de "pèlerinage" reste une belle aventure, mais pour ma part incomplète dans l'esprit du pèlerin.

A pied, il faut une meilleure gestion physique et psychologique de ses capacités, mais vous êtes dans l'esprit du pèlerin qui chemine vers Saint-Jacques de Compostelle, à travers des chemins sauvages, des rencontres merveilleuses, des hauts et des bas compte-tenu de l'engagement et de l'impact physique. Vous vivez au tempo de l'instant, pas à pas, dans une dimension différente, simple, car vous avez le temps.

Que votre cheminement soit effectué par étapes ou d'une traite, il faut plus de temps qu'à vélo mais celui-ci ne défile pas sous vos pieds comme du goudron. Ce temps là, vous le voyez vivre, il respire avec vous, il vous enveloppe, il vous accompagne au rythme de l'instant, cet instant de vie avec un temps pour soi et un temps pour les autres. Car toutes ces merveilleuses rencontres contribueront à l'enrichissent de notre cheminement.

blason_bleu-et-jaune.png Je ne regrette pas d'avoir marché, car j'ai découvert à pied l'esprit du pèlerin que je n'avais jamais découvert à vélo. A pied vous êtes libre ! à vélo vous ne l'êtes pas ! Mais à chacun de définir ce qu'il attend du chemin et de son esprit. Un état d'esprit largement approuvé par les différentes rencontres et les forums de pèlerins. Enfin ! si vous pouvez aller au delà de 3 semaines de marche, alors vous découvrirez pleinement ce que seul le pèlerin à pied peu obtenir : être un pèlerin en marche dans l'esprit du chemin pour Saint-Jacques de Compostelle.

 

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